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Luc 19, la parabole du riche et du pauvre Lazare

dimanche 25 septembre 2016, par comitecic

Cette parabole appelle les hommes à faire l’aumône, à aider leur prochain dès cette vie, sans attendre la vieillesse et surtout la mort. Après la mort, il est trop tard. La résurrection ne donne pas une seconde chance. Elle ne fait que consacrer une vie déjà donnée aux autres.

L’intérêt de cette parabole est qu’elle nous dit comment faire. C’est le plus utile, car il y a tant de pauvreté dans le monde qu’on ne sait par quoi commencer. Il faut commencer par voir sa propre pauvreté. Le riche ne fait que des festins : il cache par là sa pauvreté.

La solidarité commence ici. Sans cela, tous les mécanismes de redistribution resteront impuissants contre la pauvreté. Le riche en fait l’expérience : il donne des festins, il fait donc profiter de sa richesse d’autres que lui. Mais pas Lazare : Lazare est gisant, il ne marche plus, il ne se lève plus, il ne peut même pas prendre les miettes.

Et face à cette situation, le riche et ses invités réagissent de façon inhumaine. Ils ne lui donnent rien. Lazare n’a que les chiens pour lécher ses ulcères : aucun homme n’a plus pitié de lui. C’est comme s’il n’était plus un homme. La mort ne serait-elle finalement pas le mieux qui puisse lui arriver ?

En effet, après sa mort Lazare va ressusciter et recevoir le bonheur. Le riche ressuscite lui aussi, mais dans le malheur. Il a donc eu tort de souhaiter sa mort, comme s’il revenait à Dieu seul de l’aimer. Le riche ne voulait en réalité pas voir l’humanité de Lazare, car elle lui indiquait que la pauvreté fait partie de l’humanité et qu’il fait partie de l’humanité de s’occuper de cette plus grande pauvreté.

Le riche ne voulait pas voir sa propre pauvreté dans celle de Lazare. Il aurait eu les moyens de soutenir une association caritative pour qu’elle s’occupe de lui. Après sa mort, il croit pouvoir gagner son salut en demandant à Abraham de prévenir ses frères de ne pas répéter son erreur. Abraham lui répond que ses frères pourront voir un ressuscité, ils ne le croiront pas.

La parabole parle donc directement de Jésus et annonce sa mort et sa résurrection, et la résistance du monde à cette résurrection. Nous nous privons de la résurrection dans le bonheur car nous ne voulons pas voir notre pauvreté. Peut-être dès cette vie, nous pourrions pourtant ressusciter si nous acceptions la pauvreté et nous mettions à son service, soit directement soit indirectement, soit publiquement soit secrètement.

La conscience de la pauvreté est ce qui unit les hommes. La richesse n’unit que quelques hommes, dans une même fierté d’avoir évité la pauvreté. Après tout, Abraham n’était-il pas lui aussi très riche ? N’a-t-il pas engendré un peuple plein de richesses, béni de Dieu ? Jésus révèle le sens de cette bénédiction : elle a été donnée au peuple qui a cru, même dans les épreuves, même lorsque l’action de Dieu se faisait attendre.

Cette foi s’est construite dans la pauvreté de l’exil, dans la pauvreté du désert, dans la pauvreté face à un Dieu invisible et si difficile à comprendre. Une fois les épreuves surmontées, le peuple doit continuer à vivre de sa foi. Il doit donc chercher de nouvelles épreuves : convertir les incroyants, leur annoncer la résurrection, et croire profondément que la résurrection dans le bonheur n’est pas donnée à ceux qui le méritent, mais à ceux qui sont morts dans la misère.

C’est pourquoi la richesse doit absolument être mise au service des pauvres. Chacun a son talent : certains savent servir eux-mêmes les pauvres, d’autres ne savent servir que les riches et amasser toujours plus. Ce n’est un crime que si cette richesse amassée n’est pas donnée, voire si cette richesse conduit à refuser l’humanité aux plus misérables, incapables de se débrouiller par eux-mêmes.

La foi du riche n’existe que dans sa générosité.

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