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L’homme animal social ?

dimanche 11 janvier 2015, par comitecic

Les philosophes paraissent se contredire sur la nature individualiste ou sociale de l’homme : Aristote estime que l’homme est un animal social, Pascal au contraire que l’homme est seul (et que les autres n’y font rien) et Rousseau affirme que la société corrompt l’âme humaine.

La biologie paraît aller dans le sens d’Aristote : certaines parties du cerveau humain régissant nos relations avec les autres humains sont beaucoup plus développées que chez les animaux.

Inversement, la psychologie montre que l’homme est poussé par son énergie intérieure à développer ses caractères propres dans la limite des obstacles mis à ce développement par les autres humains. Et il est vrai que l’homme perd son humanité lorsqu’il n’agit qu’en fonction des autres.

Enfin, la sociologie tente de concilier les deux points de vue : pour elle, l’homme n’est certainement qu’un animal allant plus loin que les autres sur l’échelle de la solitude et de la sociabilité. Il développe des sociétés complexes et une vie intérieure très riche, qui interagissent.

Pour le philosophe au contraire, la définition d’Aristote renvoie à la nature profondément contradictoire de l’homme. Le courant rationaliste, né de l’Académie, et illustré par Descartes ou Victor Cousin ou encore Jürgen Habermas, cherche à dépasser cette contradiction par la "lumière naturelle" de l’homme (voir l’Introduction à l’histoire de la philosophie de Cousin).

Mais un autre courant, peut-être moins ambitieux et plus juste, illustré par Pascal et Rousseau, doute que cette réconciliation de l’homme avec la société soit crédible. La rationalité ne fait pas pour lui le lien entre l’homme et la société : non pas parce que la société et l’homme ne sont pas rationnels mais parce que, bien que rationnels tous les deux, l’homme et la société sont en contradiction.

On peut tirer de cette vérité une maxime morale essentielle : la violence n’est acceptable que pour défendre la liberté humaine, et pas pour défendre et encore moins pour imposer un idéal social. En effet, même la société la plus rationnelle peut entraver la liberté humaine, et on lui préférera la société qui garantit le mieux celle-ci.

C’est en effet par le bon exercice de sa liberté que l’homme peut construire une société : en exerçant ses talents et en les mettant au service des autres hommes à destination de qui ces talents lui ont été donnés. Ce n’est peut-être pas en tant qu’animal mais en tant que personne libre que l’homme est social.

9 Messages de forum

  • L’homme animal social ? 21 mai 2014 09:35, par Magon

    L´homme n´est certainement pas amené par je ne sais qui pour une mission special sur Terre. Oui il est un produit de la Nature comme tout autre chose. C´est un animal social, sans honte bien au contraire cela nous rendrait plus humble et peut être plus (humain).

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    • L’homme animal social ? 22 mai 2014 17:02, par comitecic

      Mais l’homme est-il vraiment humble lorsqu’il feint de croire qu’il est une créature parmi d’autres ? N’est-il pas plutôt vraiment humble lorsqu’il reconnaît qu’il a un rôle particulier à jouer mais que ce rôle ne vient pas de lui-même mais de quelqu’un qui lui est bien supérieur ?

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  • L’homme animal social ? 7 juillet 2015 11:35, par Zoria

    Est-ce-que parler d’homme en tant qu’animal qui vit en société revient au point de l’animal social ?

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  • L’homme animal social ? 7 juillet 2015 11:49, par Zoria

    Est-ce-que parler d’animal qui vit en société revient à dire que c’est un animal social ?

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    • L’homme animal social ? 24 juillet 2015 15:23, par Comitecic

      Non le fait que l’homme vit en société ne signifie pas forcément qu’il soit un animal social. Au contraire, nous pensons que l’homme n’est réellement heureux en société que lorsque celle-ci lui permet de dépasser la condition animale. Certaines sociétés limitent cette liberté au motif que l’homme est de totue façon obligé de renoncer à sa liberté pour vivre en société : c’est l’erreur de Spinoza qui a conduit au marxisme, encore très présent aujourd’hui dans les esprits. Cette erreur persiste sûrement parce qu’elle réduit l’homme à sa spontanéité : dans cette condition l’homme est poussé à croire que la satisfaction complète de ses besoins matériels est possible et suffisante, et cela paraît finalement assez facile et agréable, plus facile en tout cas que construire une réelle société humaine. Elle fait croire que l’homme est plus fort en s’alliant à d’autres hommes, et peut ainsi mieux satisfaire ses besoins. Pour nous cette vision est totalement fausse. L’homme n’a pas besoin des autres hommes pour satisfaire ses propres besoins mais au contraire pour surmonter ses besoins. En entrant en relation avec les autres hommes, c’est à dire en essayant de les comprendre et de faire attention à eux, l’homme oublie ses propres besoins. C’est alors qu’il devient homme et n’est plus animal.

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